Faire face au Bore-out

Vous arrivez. Vous vous asseyez. Vous fixez l’écran. Encore un e-mail. Encore une réunion qui aurait pu être un message. Encore une journée qui ressemble exactement à hier, et à avant-hier, et d’une certaine façon à chaque jour dont vous pouvez vous souvenir.

Votre travail n’est pas difficile. C’est ça l’étrange. Ce n’est pas le poids écrasant du trop — c’est le vide du trop peu. Trop peu de sens. Trop peu de défi. Trop peu de tout ce qui vous fait sentir vraiment vivant entre neuf heures et cinq heures. Vous n’êtes pas en burn-out. Vous êtes en bore-out. Et d’une certaine façon, c’est pire à admettre.

La culpabilité est le plus difficile. Vous avez un emploi alors que d’autres n’en ont pas. Vous devriez être reconnaissant. Vous devriez vous sentir chanceux. Au lieu de cela, vous vous sentez vide, regardant l’horloge, vous demandant où vont les années, vous demandant si cette douleur sourde de l’absurde est simplement… tout.

Ce vide n’est pas nouveau. Bien avant les open spaces et les rapports trimestriels, les humains luttaient avec la question du travail significatif. Les empereurs romains le ressentaient en administrant des empires. Les philosophes en débattaient pendant que les sociétés s’industrialisaient. La recherche de sens dans le travail quotidien est aussi ancienne que le travail lui-même — tout comme la sagesse qui en parle.

Vous n’êtes pas le premier à porter cela

Voix à Travers le Temps

Quatre voix de siècles différents, de cultures différentes, de luttes différentes — et pourtant chacune a compris quelque chose de profond sur la quête de sens quand le travail semble vide.

« Concentre-toi chaque minute sur ce qui est devant toi avec un sérieux précis et sincère, tendrement, volontairement, avec justice. Et sur te libérer de toutes les autres distractions. »

Marc Aurèle — Empereur romain, 121–180 apr. J.-C.
Pensées pour moi-même

Marc Aurèle écrivit ces mots tout en gérant un empire, menant des guerres, faisant face aux épidémies et aux intrigues politiques. Pourtant, il trouva du temps pour la philosophie précisément parce qu’il comprenait quelque chose de crucial : la qualité de notre attention détermine la qualité de notre vie. Même en tant qu’empereur, il aurait pu traverser ses devoirs comme un somnambule. Au lieu de cela, il choisit la présence. Il choisit d’apporter « un sérieux précis et sincère » à tout ce qui était devant lui — non pas parce que les tâches étaient intrinsèquement significatives, mais parce que son engagement les rendait telles.

« Ce n'est pas que nous ayons peu de temps à vivre, mais que nous en gaspillons beaucoup. La vie est assez longue, et une quantité suffisamment généreuse nous a été donnée pour les plus hauts accomplissements si elle était bien investie. »

Sénèque, conseiller des empereurs et l’un des hommes les plus riches de Rome, observa d’innombrables personnes gaspiller leur ressource la plus précieuse : le temps. Non pas par surmenage, mais par désengagement. En faisant les gestes mécaniquement. En traitant la vie comme quelque chose à endurer plutôt qu’à vivre. Son observation touche au cœur du bore-out : le problème n’est pas que nous manquions de temps ou de travail significatif. C’est que nous oublions de nous investir pleinement dans les heures que nous avons.

« Ce n'est pas ce qui t'arrive, mais comment tu y réagis qui compte. Quand quelque chose arrive, la seule chose en ton pouvoir est ton attitude envers cela. »

ÉpictèteManuel

Épictète est né esclave. Ses circonstances n’ont pas été choisies. Son travail n’était pas épanouissant selon aucun critère moderne. Pourtant, il développa une philosophie de liberté radicale : la reconnaissance que si nous ne pouvons pas contrôler les événements extérieurs, nous contrôlons toujours notre réponse. Pour ceux pris au piège du bore-out, il ne s’agit pas de prétendre que le travail est fascinant. Il s’agit de reconnaître que notre attitude envers le travail — notre choix de nous engager ou de nous retirer — reste entièrement nôtre.

Viktor Frankl a survécu à Auschwitz. Il a perdu ses parents, son frère, sa femme enceinte. Dans les camps de concentration, il a été témoin d’êtres humains dépouillés de tout — dignité, confort, but. Pourtant, il a observé que ceux qui survivaient avaient souvent quelque chose que les autres n’avaient pas : une raison de continuer à vivre. Pas de confort. Pas de travail agréable. Juste du sens. Son insight transforme la conversation sur le bore-out : peut-être que le vide ne concerne pas du tout le travail. Peut-être s’agit-il d’avoir perdu de vue notre but plus grand.

« Celui qui a un "pourquoi" pour vivre peut supporter presque n'importe quel "comment". Ce dont l'homme a réellement besoin n'est pas un état sans tension mais plutôt l'effort et la lutte pour un but valable. »

Viktor Frankl — Psychiatre autrichien, 1905–1997
Découvrir un sens à sa vie

Ce qui les relie tous

Ce Qu’ils Ont Tous Compris

bore-out - sagesse ancienne pour trouver du sens au travail

Ces quatre penseurs, séparés par des siècles et des circonstances, convergent vers une vérité saisissante : le sens du travail ne nous est pas donné. Il est créé par nous. En apportant toute notre attention. En reliant nos plus petites tâches à quelque chose de plus grand. En refusant de traverser nos heures comme des somnambules.

Le bore-out n’est pas qu’une question de travail ennuyeux. C’est une question de déconnexion — du sens, de la présence, de la reconnaissance que même les tâches banales peuvent avoir du poids quand elles sont accomplies avec intention. La prison n’est pas le travail. C’est l’oubli.


LA SCIENCE CONFIRME

Ce Que la Science Confirme Aujourd’hui

Ce que Marc Aurèle, Sénèque et Viktor Frankl comprenaient il y a des siècles est maintenant confirmé par la recherche moderne. Selon le baromètre d’Ignition Program (2024), 47% des salariés français se disent mentalement désengagés, et près de 76% déclarent s’ennuyer car leurs tâches sont jugées peu intéressantes ou inutiles. En 2024, 53% déclarent subir un stress élevé, soit une augmentation de 13 points en un an. La solution, confirme la recherche, réside dans ce que ces anciens penseurs savaient : l’autonomie, le sens et la liberté de résoudre les problèmes de manière créative sont essentiels au bien-être au travail.

Sources : Mercato Emploi (2024), Will Oriente (2025)

Avant de partir

Un Moment pour Vous

L’horloge tourne toujours. Les réunions continuent. La boîte mail se remplit. Mais peut-être, avec ces voix anciennes comme guides, les jours n’ont pas à se fondre dans le néant. Peut-être que l’attention elle-même est une forme de sens. Peut-être que chaque tâche, aussi petite soit-elle, peut devenir une pratique de présence.

Si vous êtes prêt à explorer ce que ces enseignements signifient pour votre situation spécifique, InnerCalm+ propose un rapport personnalisé basé sur vos circonstances uniques. Car trouver du sens dans le travail ne consiste pas à changer d’emploi — c’est changer la façon dont vous vous présentez aux heures qui vous sont données.

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